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Le quartier Centre-Citadelle
Historique
Mercredi, 22 Mai 2013
Saint Emile
Lors d’une balade aujourd’hui, nous pouvons découvrir l’hôpital dont la partie la plus ancienne date du XVIème siècle. La pharmacie édifiée en 1784 selon les plans de Claude Niépce, a permis aux soeurs de fabriquer, et ce jusqu’à la dernière guerre, les médicaments destinés aux patients ainsi qu’une pommade très réputée contre les brûlures. Les tiroirs abritant autrefois les plantes et drogues sont toujours en place et visibles lors de visites organisées (Association Abigaïl Mathieu). La grande façade longeant la Saône construite en 1850, a remplacé un bâtiment plus ancien, ressemblant aux hospices de Beaune mais inondable en période de crue importante. La démolition de la Clinique Mauchamp en 1978 a dégagé un grand terrain où s’élèvent les bâtiments de chirurgie, blocs opératoires etc.
Depuis sa construction, l’hôpital est en perpétuelle évolution. Il est baptisé : Centre Hospitalier William Morey en souvenir du médecin chalonnais mort du sida,qui fut le premier médecin en France à avoir contracté le maladie dans l’exercice de sa fonction. A la pointe de l’île se dresse depuis 1926 la Tour du Doyenné. Cette ancienne tour escalier, desservait les appartements du doyen de Saint-Vincent, (à côté de la cathédrale du même nom). Menaçant ruine, elle est démolie en 1907, vendue puis abandonnée fort longtemps dans une cour parisienne. Le jardin entourant cet édifice porte le nom de « Square Ami de la France » en hommage à Franck Jay-Gould, mécène américain, qui finança la reconstruction de cette tour dans sa ville d’origine.
Une passerelle pour piétons sur la Genise, installée après la guerre, fut démolie en 1960. Pour desservir les immeubles construits aux Granges Forestiers une nouvelle passerelle fut mise en place en 1979. Elle porte le nom de Pierre Soubrane, adjoint au maire de Chalon. Cordonnier et figure emblématique du quartier il était surnommé « maire de Saint-Laurent ». Le port de plaisance aménagé en 1977, peut recevoir plus d’une centaine de bateaux.
L’ancien couvent des Cordeliers (rue d’Uxelles) occupé après la Révolution successivement par un marchand de vins, un écuyer tenant manège, des prisonniers de diverses nationalités a été transformé en caserne en 1814. Aujourd’hui, il abrite une compagnie de CRS. Le perron de la maison d’à côté, orné du compas et de l’équerre, évoque l’existence de la loge maçonnique des "Vrais Zélés". Une église, un presbytère et un cimetière existaient dans cette même rue. Seul un encadrement de fenêtre fait à partir de matériaux de récupération rappelle ce lieu de prière.
Si nous franchissons le pont de la Genise, nous arrivons dans une fausse île. « Le boyau » ayant été creusé artificiellement pour contenir les débordements de la Saône, ce bras artificiel est enjambé par le magnifique pont de Gauthey dit pont des Eschavannes. Les deux pavillons placés de part et d’autre, matérialisent l’ancien octroi et plus tard la ligne de démarcation. Au bord de la Genise s’élevait, depuis 1841, la féculerie. En pleine période d’activité, de la mi-septembre à la fin décembre, s’entassaient les récoltes de pommes de terre de toute la région. Cet emplacement est occupé depuis les années 1970 par le groupe immobilier « Rives de Saône ».
Après cette incursion, revenons à l’île Saint-Laurent proprement dite, où nous pouvons encore évoquer la tuerie, le tacot -train local pittoresque-, les pompes élévatoires qui furent les premières à assurer l’eau potable de la ville de Chalon, les plattes ou « bateaux à lessives », les bains et la baignade, les foires. Saint-Laurent, premier arrêt des voyageurs venant de la Bresse, comptait un nombre impressionnant d’auberges et écuries pour loger les chevaux.
Les moeurs ont évoluées, aujourd’hui se sont les restaurants qui encadrent la rue de Strasbourg devenue piétonne et la convivialité comme l’accueil demeurent toujours à Saint-Laurent.
Outre la pêche, qui représentait son activité première, le port de Sainte-Marie situé en amont du pont Saint-Laurent avait un trafic important avec les pays situés plus au nord. La paroisse de Sainte-Marie fut une des quatre anciennes paroisses de Chalon. Son origine remontait aux premiers temps de la chrétienté. Une abbaye, fondée dans le faubourg, la prit en charge. L’abbaye est devenue vers l’An mil un prieuré détruit en 1751, mais l’église devenue paroissiale fut conservée. La surface de cette paroisse urbaine était toute petite: les maisons des pêcheurs se trouvant face à la Saône, celles des vanniers face à la ville. Les prairies appartenaient à la paroisse de Sainte-Croix mais, de l’autre côté de la Saône, l’île Saint-Nicolas, les piles du moulin bailli et les maisons des Chavannes proches de la Saône faisaient partie de Sainte Marie. Les Clarisses s’installèrent à Sainte-Marie en 1328, dans la rue de Traves. Les Carmélites leur succédèrent en 1610. Pendant la Révolution, leur couvent devint maison d’arrêt pour femmes et les soeurs y furent enfermées pour n’avoir pas voulu prêter le serment de Liberté et d’Egalité. La synagogue de Chalon a été depuis installée dans leur église.
Peu après 1546, Sainte-Marie fut dotée de boulevards de terre renforcés de trois bastions : un du côté de la prairie, le bastion du Chalet, un à la pointe du faubourg, le bastion de Sainte-Marie et un face à la Saône. En 1636 la construction du bastion Morel isola encore plus Sainte-Marie de Chalon. En 1681 débuta l’installation de l’hôpital de la Charité à Sainte-Marie pour accueillir les pauvres orphelines de la ville. Il est devenu l’hospice Saint-Louis puis la maison de retraite de l’hôpital.
Avec la Révolution, la paroisse de Sainte-Marie fut supprimée et l’église vendue. Sainte-Marie devint Faubourg de la Fédération, puis Faubourg de la Réunion. En 1804, on traça le quai de la Poterne jusqu’à Sainte-Marie à travers le bastion Morel : Sainte Marie fut alors facilement relié au centre de la ville. En 1824, on construisit sur les fossés séparant Sainte-Marie de Chalon deux petites halles l’une est aujourd’hui mosquée et l’autre Maison de l’Environnement. En 1846, on y installa la foire de Chalon et deux ans plus tard, on construisit une levée plantée d’arbres reliant Sainte-Marie à Saint-Jean des Vignes: l’avenue Mathias était née. En 1970, avec les deux avenues Léon Blum et Pierre Nugues, Sainte-Marie est aujourd’hui totalement désenclavé.
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