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Patrimoine
Monuments anciens
L'Hôtel de Ville
Lundi, 21 Mai 2012
Saint Constantin
Depuis le début du XVe siècle, l'hôtel de ville était installé dans des bâtiments agrandis successivement, et, selon les besoins, des maisons voisines et de leurs dépendances. Sauf quelques salles assez vastes, cet hôtel n'avait rien de remarquables et rien ne le distinguait des autres maisons particulières de la ville.
Si ce n'est la Tour de l'Horloge, dont la cloche appelait les magistrats pour siéger au conseil et convoquait les habitants aux élections des magistrats et conviait le peuple aux réjouissances et aux fêtes publiques.
En 1845, l'Hôtel de Ville se trouvant trop à l'étroit dans les bâtiments qu'il occupait jusqu'alors, déménage dans l'ancien couvent des Carmes (XIVe siècle situé place Saint-Pierre.
Entre 1822 et 1842, les bâtiments avaient accueilli le palais de Justice. La cour d'assises se tenait à la place de l'actuelle salle de la bibliothèque.
La nouvelle situation de l'Hôtel de Ville correspondait mieux aux idées de l'époque: l'espace large et aéré de la place s'accordait davantage avec l'image que le pouvoir public désirait donner de lui-même.
Dans les délibérations du conseil municipal de l'époque, on peut lire : "L'embellissement de la façade ferait le plus grand plaisir à la population". Les travaux d'embellissement des bâtiments ne se firent que très lentement. C'est à partir de 1884 que l'Hôtel de Ville arbore l'aspect actuel.
La première distribution intérieure de l'Hôtel de Ville correspondant alors aux neufs travées droites de la façade actuelle était la suivante :
• le rez-de-chaussée était occupé par le vestibule et l'escalier ;
• au premier étage, on aménagera le salon d'honneur, le cabinet du Maire et le secrétariat ;
• au deuxième étage, on trouvait la salle du conseil, l'administration de la Garde Nationale et le tribunal de commerce qui devint par la suite le siège de la Société d'Histoire et d'Archéologie.
Profitant de travaux de travaux de surrélévation sur la place Saint-Pierre, la façade fut achevée avec la réalisation d'un fronton symbolique soutenu par un ordre colossal de quatre pilastres d'inspiration dorique.
En 1969, pour agrandir l'Hôtel de Ville, la Ville fit l'acquisition de l'immeuble Gros, maison de négoce dans le domaine des fers. Abritant les bureaux de négoce et des appartements, l'immeuble conservait un décor bourgeois de la fin du XIXe siècle.
Les bureaux du Maire et des Adjoints, le cabinet et les secrétariats sont actuellement situés dans cet ensemble où se mêlent les styles décoratifs :
• Médiéval pour le salon d'attente
• Renaissance pour le secrétariat du Cabinet
• Rocaille pour le bureau du Maire.
Des bureaux moins connus comme une ancienne salle de billard située à l'attique, conserve un vitrail provenant de l'atelier de Joseph Besnard, maître-verrier à Chalon-sur-Saône dans les années 1860 et à la fin du siècle.
Mais la structure de l'immeuble Gros appartient aussi à l'ancien couvent des Carmes. La façade reconstruite dans un style néoclassique froid et austère dissimule un ensemble plus complexe que seule une visite permet de mieux comprendre.
Le fronton de l’hôtel de ville, sculpté en 1884 par Boutte, sur place, représente les armoiries de la ville encadrées par deux personnages mi mythologiques, mi allégoriques, entourés de bas reliefs.
On retrouve en partie haute les trois anneaux, qui, depuis le XVIIe siècle (Perry) passent pour être une évocation des trois bandes de briques qui marquent les tours de l’enceinte gallo romaine (cf encore visibles par exemple rue Edgar Quinet, au niveau de l’ancien évêché).
En partie basse est représentée la légion d’honneur, délivrée à la ville de Chalon-sur-Saône (et à celle de Tournus) pour son attitude exemplaire pendant l’occupation autrichienne en 1814. Le tout est dans un blason, surmonté de tours crénelées, qui symbolisent souvent les villes en héraldique.
Les personnages mythologiques
L’un (à gauche) représente Hermès (pour les Grecs), Mercure (pour les romains), le messager des Dieux, patron du commerce et des voyageurs, accompagné de ces insignes traditionnels, le chapeau ailé (Pégase) et le caducée, mais aussi d’un bas relief (à sa gauche) représentant un bateau à vapeur.
L’allusion est claire à l’importance du commerce et des échanges, notamment via la Saône et les nouveaux modes de transport (en 1880), pour la ville de Chalon.
L’autre personnage, féminin, cette fois, à droite des armoiries, est une personnification de l’abondance, la Ceres des Grecs (Demeter chez les romains) ; elle est représentée avec son attribut traditionnel elle aussi, la corne d’abondance remplie de fruits et de blé, mais aussi, comme Hermès, d’un bas relief, qui vient se loger dans l’angle du fronton.
Ce dernier représente un train, allusion à l’importance du chemin de fer qui dessert la ville depuis 1849 La présence ici de la déesse de l’abondance est une évocation de l’importance, autour de Chalon des productions agricoles, qui elles aussi font la prospérité de la cité.
Ce fronton se veut donc comme un résumé des valeurs et des caractéristiques de la cité :
• abondance des produits,
• foisonnement du commerce et des échanges notamment via la Saône,
• importance de l’industrie et de l’économie,
dans une ville qui revendique ses origines anciennes et rappelle sa vaillance aux heures sombres de l’histoire.
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