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Lundi, 21 Mai 2012

Saint Constantin

Météo Chalon sur Saône
Lun 21
Soirée

Max: —
Min: 13°C
Mar 22
Journée

Max: 17°C
Min: 14°C

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Les Hôpitaux de Chalon-sur-Saône

A partir du XVIIème siècle, deux types d’institutions hospitalières coexistent en France. Les soins aux malades et les secours aux nécessiteux se séparent. A Chalon, on trouve ainsi l’hôpital Saint-Laurent dont la fonction première est l’accueil et le soin des pauvres malades, et l’hospice Saint-Louis destiné à enfermer certains marginaux alors considérés comme nuisibles.

Toujours en activité aujourd'hui, cet établissement a été fondé au XVIème siècle. On doit sa création à la seule volonté des échevins de la ville.


L'ancien hôpital Saint-Laurent


Premier hôpital de Chalon, la Maison-Dieu Saint-Eloi est détruite au début du XVIème siècle. En 1529, les échevins reçoivent l'autorisation de François 1er, par lettres patentes, de fonder un nouvel établissement.


Depuis cette époque, l'ancien hôpital Saint-Laurent subsiste en bord de Saône. Aujourd'hui, son architecture et ses intérieurs évoquent cette filiation ancienne et témoignent de sa permanence.


Edifié le long de la Saône dès la création de l’hôpital, le bâtiment de l’ancienne communauté des soeurs se distingue par son pignon à redent* .
Les pièces et les objets qui la composent évoquent le quotidien des soeurs de Sainte-Marthe - hospitalières qui ont oeuvré à l’hôpital du XVIIème au XXème siècle.

Certains meubles témoignent également de l’activité hospitalière : lits, tables de chevets, banc coffres, etc. A l’origine, une grande salle de malades commune - appelée la « Grande Nef » - prolonge ce premier bâtiment. Elle a été détruite dans la seconde moitié du XIXème siècle et remplacée par le bâtiment toujours en place aujourd’hui.


Aux XVIIème et XVIIIème siècle, tandis qu’on accroît la capacité d’accueil de l’établissement, des aménagements sont réalisés pour améliorer le quotidien des sœurs, toujours plus nombreuses à s’occuper des pauvres malades.

Datant de 1720, le réfectoire a conservé son aménagement d’origine, avec ses boiseries de style rocaille et sa table parquetée aux dimensions exceptionnelles (plus de 6 mètres de long). Il est prolongé par une salle où sont exposées les collections de vaisselle en étain et en cuivre.


Elevé dans les années 1770, le dôme est attribué à Emiland Gauthey.

Abritant alors une chapelle, il est situé à la jonction de quatre salles de malades disposées en croix. Ce type d’aménagement est caractéristique des hôpitaux de l’époque classique. Bien que rehaussé au XIXème siècle, le dôme doit son élévation à des conceptions plus anciennes : on aspirait à une meilleure circulation de l’air vicié.


Une pharmacie est construite sur le site de l’hôpital entre 1786 et 1788 selon les plans de Claude Niepce ; elle remplace une apothicairerie plus ancienne. De style néoclassique, l’édifice se compose de deux pièces. La salle de représentation, lieu de distribution des “simples” (plantes à usage médicinal), abrite une collection de pots des XVIIIème et XIXème siècles. Quant au magasin, il contient près de 300 tiroirs dans lesquels étaient stockés les ingrédients servant à la fabrication des remèdes.


Dans la seconde moitié du XIXème siècle, on décide de la modernisation de l’établissement. C’est de cette époque que date la chapelle actuelle, édifiée sur les fondations d'une ancienne salle de malades. Bâtiment plus récent, la chapelle témoigne de l'existence ancienne de l'institution. Elle accueille en effet nombre d’objets provenant de la « Grande Nef », telle la magnifique collection de vitraux datant du XVIème siècle.
 


* pignon à redent (redan) : partie supérieure, en général triangulaire, d'un mur de batiment portant les versants du toit et découpée en forme de dents dont la répétition constitue un ornement.


L'ancien hospice Saint-Louis


Par sa déclaration royale de juin 1662, Louis XIV impose à chaque ville de se doter d'un hôpital général destiné à contrôler la pauvreté et la mendicité. C'est dans ce contexte qu'est créé l'hospice Saint-Louis.


Aujourd’hui destiné à l’accueil des personnes âgées, l’ancien hospice Saint-Louis a pendant longtemps hébergé des enfants et des vieillards nécessiteux.


Sa fonction première est alors l’enfermement afin de reléguer la pauvreté en dehors de la ville. Les personnes hébergées y apprenaient un métier ou travaillaient pour leur subsistance à l’hospice.


La création de l’hospice Saint-Louis au XVIIème siècle est assez mouvementée. Pour répondre à la déclaration royale de 1662, l’évêque de Chalon fonde dès 1667 une maison ayant pour vocation de recevoir des pauvres.

Très rapidement, un conflit apparaît entre les échevins et l’évêque concernant ce nouveau lieu de charité. La municipalité craint en effet que la création d’un tel établissement entraîne une perte de revenus importante pour l’hôpital Saint-Laurent dont elle est la fondatrice.

Ce désaccord persiste pendant 30 ans puisque les lettres patentes officialisant la création de l’hospice Saint-Louis ne seront enregistrées au Parlement de Bourgogne qu’en 1692.


Durant ces décennies, la maison fondée par l’évêque déménage à plusieurs reprises. Pendant un temps, elle est implantée rue Saint-Georges. Cependant l’espace y est trop exigu. L’évêque souhaite alors installer son établissement sur l’île Saint-Laurent ; ce qui amplifiera le conflit existant avec les échevins. Finalement, l’hospice Saint-Louis s’établit dans le faubourg Sainte-Marie, en dehors de la cité, à partir de 1681.

Progressivement, des parcelles de terrain sont acquises alentour, permettant à l’établissement de s'étendre. A la fin du XVIIème siècle, on y construit notamment une église dont seule la porte subsiste (côté Rempart Sainte-Marie). L’ensemble des bâtiments est enceint d’un haut mur qui a pour fonction de cacher les marginaux accueillis mais aussi de les empêcher de s’enfuir.
 


A leur création, les hôpitaux généraux étaient destinés à recevoir une population de marginaux composés de mendiants et vagabonds valides, de femmes de mauvaise vie, etc. Celui de Chalon-sur-Saône, comme nombre d’autres établissements de ce type, se consacrera à l’accueil des orphelins et vieillards sans ressources. Au cours du XVIIIème siècle, il offre ainsi l’asile à une centaine d’orphelins et environ quarante vieillards.

La vie à l’hospice, réglée de manière rigoureuse, est partagée entre le travail et l’instruction religieuse. L’apprentissage professionnel est fondamental. Les enfants peuvent alors être envoyés chez un artisan de la ville. D’autres sont formés sur place, à la boulangerie par exemple, dans les manufactures ou auprès des artisans installés à l’hospice.


Contact :

Des visites guidées sont organisées régulièrement par l'association Abigaïl Mathieu. Elles permettent de découvrir l'ensemble de ce patrimoine.

Tél : 03.85.44.65.87

Pour de plus amples renseignements, consulter le site Internet de Centre Hospitalier William Morey

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