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Lundi, 21 Mai 2012

Saint Constantin

Météo Chalon sur Saône
Lun 21
Soirée

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Mar 22
Journée

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Les Fortifications de Chalon-sur-Saône au XVIè siècle

Après la mort de Charles le Téméraire, et malgré les efforts de Louis XI pour conserver le Comté de Bourgogne dans la mouvance française, Chalon-sur Saône devient une ville frontière face à la Franche-Comté, terre d'Empire.

Chalon-sur-Saône occupe, depuis 1477, une situation stratégique, sur la frontière entre la Bourgogne, devenue française, et la Franche-Comté, désormais terre d’Empire ; Charles Quint, petit-fils de Marie de Bourgogne, souhaite ardemment reconquérir le territoire de ses aïeux ; des raids allemands ont lieu et, après la défaite française de Pavie et la captivité du roi de France François 1er, la situation impose l’édification « d’une frontière étatique étanche sur tous les fronts terrestres de la France » , qui débute en 1536.

A Chalon-sur-Saône, les travaux de fortifications du front nord, décidés par François 1er, sont menés sous le règne d’Henri II, de 1547 à 1555, par Girolamo Bellarmato


Girolamo Bellarmato


Cet ingénieur siennois, professeur de mathématiques et d’astronomie banni de Sienne, est venu en France à la demande de François 1er. Chargé de l’urbanisation et des fortifications du Havre (quartier Saint François, 1541), il fortifie ensuite le faubourg Saint Germain à Paris, les places de Picardie, de Champagne. Parmi ces multiples tâches, on le nomme en 1547 « commissaire général du roi aux fortifications du duché de Bourgogne » ; débutent alors simultanément les chantiers de Chalon-sur Saône, Beaune, Seurre, Autun et  Dijon. Il est secondé dans sa tâche par l’italien Damien Castellan, et par le français Nicolas du Four.

Aujourd’hui méconnu des chalonnais, Girolamo Bellarmato (devenu Jérôme de Bellamart) fut l’un des plus importants ingénieurs de son temps, d’ailleurs enterré en grande pompe dans la cathédrale Saint Vincent de Chalon le 28 avril 1555.
 


Les fortifications


Avec l’apparition du boulet de canon en fonte, les fortifications médiévales se révèlent incapables de défendre les places.
 
En France, les ingénieurs mettent en place des galeries de contremine (ou d’escarpe), apparues pour l’édification du château de Dijon par Louis XI (1477). Ce sont des couloirs cheminant dans les faces et les flancs de l’ouvrage, desservant des casemates percés d’embrasures. Ils permettent d’assurer la circulation à couvert de la garnison pour relier les emplacements du combat, de prendre l’assaillant à revers, de tirer dans le fossé par les meurtrières, d’écouter (l’une des attaques redoutables étant le creusement de galeries permettant d’installer des mines explosives faisant s’effondrer la muraille), et de lancer, à partir de la galerie, des « galeries de contremine boisées » pour empêcher les assaillants de parvenir au pied de la muraille par voie souterraine. Des bouches d’aération permettent également de laisser s’échapper les fumées, tandis que les murs sont plus bas qu’antérieurement, les maçonneries enterrées résistant mieux aux assaillants.

En Italie, les recherches pour protéger les tours d’artillerie mènent à calculer la distance entre chaque ouvrage en fonction de la portée des canons, afin de pratiquer des tirs croisés ne laissant subsister aucun angle mort en avant des ouvrages : ceux-ci adoptent donc une forme pentagonale et deviennent des bastions (1515) ; ce principe est repris en maçonnerie à partir de 1530 : la maçonnerie, peu épaisse, ne sert qu’à soutenir la terre qui remplit l’intégralité du volume de l’ouvrage.


Le bastion Saint-Pierre et le bastion royal


plan d'accès bastion Saint-Pierre

Bellamarto fait la synthèse des recherches françaises et italiennes, comme en témoignent les bastions St Vincent, St Paul, St Pierre et le bastion royal de Chalon-sur-Saône( vers 1550).

Ainsi, le système bastionné, avec  stricte application du flanquement réciproque des ouvrages est appliqué là pour la première fois en France (la fortification de la Croix Rousse à Lyon est strictement contemporaine).

Par ailleurs, les bastions Saint Pierre mais aussi Saint Paul (arasé), seuls situés en zone non inondable,  possédaient chacun leur galerie de contremine. Le système chalonnais était même particulièrement sophistiqué, avec séparation des escarpes.


plan d'accès bastion royal

La restauration du bastion royal a révélé un ensemble monumental qui intéresse l'histoire de l'architecture militaire. Après le creusement d'un fossé, la restauration a concerné la reprise de l'appareil et le dégagement de la plate forme du bastion, permettant la mise à jour d'une canonnière et de sa chambre de tir. La restauration se poursuivra avec le traitement de cette plate forme et la restitution du parapet. Toute l'année 1999 a été consacrée à des études conduit par Frédéric DIDIER, architecte en chef des Monuments Historiques et Nicolas FAUCHERRE, spécialiste des fortifications en France


Nicolas FAUCHERRE a écrit un article "Le bastion Saint-Pierre de Chalon-sur-Saône", publié dans le tome 62 des mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône.

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