Mon premier geste est celui du regard. Un temps d’avant la photographie, celui de l’infini.
Regarder, choisir, et donc retenir. Ou distinguer, une photographie parmi des milliers, un lieu ou un instant du monde. Puis à nouveau laisser flotter l’image au regard d’une ou plusieurs autres et rendre au présent des temps et des lieux distants. Dans l’espoir qu’à l’instant le murmure de ces « photolalies » nous prenne, nous déprenne, nous reprenne.
L’exposition met en regard et en conversation des photographies de la série {Intérieur} de Arièle Bonzon, vues de lieux, suspendus dans un temps in(dé)fini, vides de présence mais remplis d’absence, parcourus de signes qui renvoient au passage de vies inconnues avec des photographies choisies par elle dans le fonds du musée Nicéphore Niépce, uniques ou ensembles constitués de portraits d’inconnus, d’anonymes comme on les nomme en photographie, images silencieuses elles aussi.
